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29/03/2008 10:33
Balzac Honoré de, Physiologie du mariage (0 commentaire)

"Ah! si vous connaissez alors de quelle force magique un homme est doué, quels sont les trésors de puissance intellectuelle, et quelle longévité de corps il trouve en lui-même, quand, se détachant de toute espèce de passions humaines, il emploie toute son énergie au profit de son âme! Si vous pouviez jouir pendant deux minutes des richesses que Dieu dispense aux hommes sages qui ne considèrent l’amour que comme un besoin passager auquel il suffit d’obéir à vingt ans, six mois durant; aux hommes qui, dédaignant les plantureux et obturateurs beefsteaks de la Normandie, se nourrissent des racines qu’il a libéralement dispensées, et qui se couchent sur des feuilles sèches comme les solitaires de la Thébaïde!... ah! vous ne garderiez pas trois secondes la dépouille des quinze mérinos qui vous couvrent; vous jetteriez votre badine, et vous iriez vivre dans les cieux!… vous y trouveriez l’amour que vous cherchez dans la fange terrestre; vous y entendriez des concerts autrement mélodieux que ceux de M. Rossini, des voix plus pures que celles de la Malibran… Mais j' en parle en aveugle et par ouï-dire: si je n' étais pas allé en Allemagne devers l’an 1791, je ne saurais rien de tout ceci… Oui, l’homme a une vocation pour l’infini. Il y a en lui un instinct qui l’appelle vers Dieu. Dieu est tout, donne tout, fait oublier tout, et la pensée est le fil qu’il nous a donné pour communiquer avec lui!... " Il s'arrête tout à coup, l’oeil fixé vers le ciel. "Le pauvre bonhomme a perdu la tête!" pensais-je."

Aveu d’Oriane (encre mauve): Le pauvre bonhomme a perdu la tête… N’est-ce pas la réaction habituelle de ceux qui considèrent le plaisir comme le centre de l’existence, ceux que, à tort (les pourceaux d’Épicure…) on considère comme des épicuriens : jouir de tout tout de suite. J’ai vécu cette phase de l’existence dans ma jeunesse où tout était prétexte à jouissance. Je dois avouer qu’aujourd’hui, la maturité aidant, je me demande parfois si je n’ai pas brûlé en vain mes vaisseaux… La tentation de l’infini se présente à moi de plus en plus souvent.





30/11/2007 9:02
Giono Jean, Jean le bleu (0 commentaire)
"Norpois avait une veste de chasse et, dans cette veste, une carrure qui pouvait supporter son petit ventre. Il mâchait une pâquerette. Il avait les lèvres noires comme du charbon et un peu luisantes. Il était bien rasé, avec de petits favoris gris gonflés en gouttes et une belle moustache souple et blonde comme de l’or. Ce qui étonnait, c’était cette bouche toute noire, sa façon de mâcher la pâquerette et, sous les ailes du chapeau penché à gauche, son œil gauche fermé et son œil droit ouvert."

Aveu d’Oriane (encre rouge) : que Giono me pardonne d’avoir remplacé M. d’Arboise par Norpois du récit de
Marc Hodges et simplifié le chapeau melon en simple chapeau. La trahison est bien faible si elle fait servir encore le texte.





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